L'histoire de Bahar et Sam

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Bahar et Sam

Nous nous appelons Bahar et Sam. Nous sommes un couple mixte Turco-Belge et nous vivons depuis peu de temps à Bruxelles. Nous nous sommes rencontrés 5 ans auparavant, au moment où l’un de nous deux, Sam, était en Turquie pour participer à un programme d’échange d’étudiants. Nous sommes tombés amoureux et après 3 ans, nous avons décidé que Bahar viendrait à Bruxelles et que nous y vivrions ensemble. Nous avons lancé la procédure de formation de famille pour que Bahar puisse venir en Belgique, malheureusement cela ne s’est pas produit sans problèmes, ni obstacles…

  • Le dossier

Il ne fut pas simple pour Bahar d’avoir un permis de résidence. Après avoir glané des informations ici et là, nous avons décidé de signer un contrat de vie commune pour cohabitant, ainsi nous pouvions vivre selon les réglementations des formations de famille. Pour cela nous avons dû monter un dossier personnel, car nous devions prouver que nous nous aimions et ceci depuis au moins 2 ans… ! D’accord, mais en quoi devait consister exactement ce dossier ? C’était bien moins clair. Nous avions trouvé quelques informations au sujet de documents obligatoires sur internet, mais comment prouver qu’on s’aime, et bien, ceci était encore flou. Personnellement, nous ne pouvons pas vous conseiller d’aller demander des informations à l’Office des Etrangers à Bruxelles… Là-bas nous ne sommes pas devenus plus sages mais on s’est débarrassé et fait mettre à la porte avec une grande efficacité! Nous avons cependant reçu beaucoup d’aide du département juridique de KM-I (Kruispunt Migratie-Integratie) et de l’organisation bruxelloise Foyer.

A quoi ressemblait notre dossier ?

  1. Notre historique d’e-mail en entier, mais pas le contenu explicite bien sûr!
  2. Plein de photos de nous, avec à chaque fois une petite explication.
  3. Toutes sortes de documents comportant officiellement nos noms (tickets de bus,  billets d’avion, de théâtre, tout ce que vous pouvez imaginer avec vos noms dessus).
  4. Prouver que nous apprenions tous deux la langue de l’autre.
  5. Et bien plus… Tous ce qui pouvait prouver qu’on se voyait autant que possible et que nous avions beaucoup de contact l’un avec l’autre.

En fin de compte, tout s’est déroulé en douceur, mis à part le fait que nous avons dû rendre deux fois le dossier (premièrement en Turquie, deuxièmement en Belgique), ce qui était clairement une erreur du système administratif (ayant pour cause de retarder également notre dossier). Mais apparemment, nous avons fini par convaincre tous ces fonctionnaires de notre amour…

Nos suggestions : Commencez votre dossier aussi vite que possible. Faites 3 exemplaires de chaque document et gardez tout ce qui peut prouver votre relation. Passez par les services judiciaires de Foyer et mettez le numéro de Kruispunt Migratie-Integratie dans votre téléphone. Et bien sûr: bonne chance!

  • Les premiers mois

Une fois que le dossier est pris en charge, que le visa est délivré, que le billet d’avion est réservé, le jour des retrouvailles approche de plus en plus. Malheureusement il n’y a pas de nuit de noce au sein d’une relation par migration… Les premiers mois et semaines ensemble ne sont pas faciles. Premièrement, parce que le partenaire par migration n’a rien à faire du tout les premiers mois de son arrivée, ou plus encore, il ou elle NE PEUT RIEN faire! Il n’y a pas eu de permis de travail, pas même de carte orange, les cours de langues ne commencent pas quand vous le souhaitez et en plus, et ce fut notre cas, c’était au milieu de l’hiver, ce qui voulait dire du froid et de l’obscurité ! Deuxièmement, une fois en Belgique,  la vie du partenaire change complètement aussi. En quelques jours, le partenaire avec qui vous n’avez jamais vécu, se retrouve définitivement dans le même pays que vous, mais aussi dans la même maison! Routines et habitudes doivent s’accorder, et cela nécessite beaucoup de compréhension et de patience des deux côtés.

Nos suggestions : Donnez à chacun un peu d’espace, mais comprenez, en tant que partenaire qui reçoit, les besoins du partenaire par migration. Cherchez des activités ou des choses à faire : cours du soir, programme d’intégration civique, des hobbys… Ainsi le partenaire par migration pourra se construire son propre tissu social!

  • L’intégration

Après les premiers mois parfois difficiles, il était temps de vraiment s’intégrer à la société. Une nouvelle langue est à apprendre, les habitudes et coutumes doivent être communiqués, les diplômes doivent être validés et beaucoup, beaucoup plus. Bahar avait décidé de continuer ses études en Belgique, à l’université de Bruxelles. Pour réussir nous avons dû travailler encore plus dur et plus vite  pour approfondir son néerlandais, et pour que son diplôme turque soit validé rapidement. Nous avons à nouveau monté un dossier que nous avons envoyé cette fois ci à NARIC, l’organisation responsable de la validation des diplômes. Et nous avons attendu... Et au bout de 4 mois, nous avons contacté NARIC. Ils nous ont dit que tout allait bien se passer. Après avoir patienté encore 8 mois voir plus (!), et quasiment en les harcelant au téléphone, ils nous ont dit qu’ils avaient pris du temps car ils avaient perdu le dossier! Ils l’avaient littéralement « laissé trainer sur le sol ». Après plus de 12 mois, ils avaient apparemment décidé de le ramasser et de s’en occuper.

Nos suggestions : Continuez toujours d’appeler les organisations qui travaillent sur votre dossier. Insistez jusqu’à ce qu’on s’en occupe.