L’histoire personnelle d’une marocaine…

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Femme marocaine, mariée et vivant en Belgique depuis 8 ans, elle est venue d’abord en tant qu’étudiante.

Les premiers mois en Belgique je broyais du noir. Qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi je ne suis pas chez moi ? J’ai tout laissé derrière moi pour quelque chose dont je ne connaissais pas encore l’aboutissement. Ce fut mon frère et ma belle-sœur qui  m’accueillirent ici et me guidèrent dans le labyrinthe administratif. Grâce à cela, je pus me concentrer sur mes études. Petit à petit je côtoyais de nouvelles personnes qui me stimulaient à participer à la vie sociale.   

Au Maroc, j’étais comme un papillon, je volais de l’école d’art et ces pinceaux colorés aux fleurs parfumées de mes balades en montagne. Ici c’est plus dur de déployer mes ailes car les loisirs sont mixtes et, étant musulmane, je sentais que je n’aurais pas d’autre choix que de vivre ma vie à l’intérieure d’une maison. Je ne me voyais pas nager avec les hommes, ou courir sur un tapis roulant avec un foulard trempé de sueur dans mon cou.

Les Belges traitent la religion bizarrement. Comme si c’était une maladie. Pourtant ma foi me rend plus consciente de ce que je suis, de ce qui m’entoure. Chaque fois que j’ai le mal du pays et qu’il m’empêche de dormir, je lis le Coran. Grâce à ça je me sens plus proche de Dieu et encore plus proche de ma mère. C’est lors de mon mariage en Belgique qu’elle m’a le plus manqué. Elle fut dans l’incapacité d’avoir un visa pour venir me voir. C’est pour cela que, l’été d’après, j’organisais une nouvelle célébration au Maroc. Mais ce fut sans mon mari Khaled car il devait travailler. C’était merveilleux d’être à Nador, à l’ombre des oliviers de mon père.

Malgré tout cela, je me sens chez moi en Belgique, dans ce petit appartement que je partage avec mon mari. Drôle n’est-ce pas ? Je n’ai jamais pensée vivre en Belgique, et surement pas me marier ici ! Parfois c’est comme si la vie décidait pour toi... Nous aimons la vie Khaled et moi, nous apprécions chaque jour qui passe. Il est heureux que je veuille terminer mes études et me construire une carrière, c’est pour cela qu’il me donne de l’argent pour acheter mes livres, car la connaissance est pour moi une raison de vivre.

J’aimerais partager cette expérience avec d’autres femmes. En ce moment j’ai déjà commencé à enseigner l’arabe chaque dimanche à des femmes marocaines. J’adorerais organiser des groupes thématiques, où des femmes de tout horizon  échangent des idées et se complètent. Car une vie active ou chaque jour vous sentez votre être grandir, est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à notre Créateur.

 

Source: "Gewoon, mijn leven in eigen handen." (SAMV)